24 avril 2009
ÉCHANGES DE MSN
« A-écrit : Votre dernier commentaire sur mon blog
n’est guère à ma convenance. Lorsque je dis : « J’aime me vautrer et
paître dans les verts alpages des Pyrénées », vous vous permettez
d’écrire : « Les montagnes sont à la plaine ce que les bosses sont
aux chameaux ! », je trouve que vous allez un peu trop loin dans la
métaphore !
B-écrit : Loin de moi, l’idée de troubler votre
déjeuner champêtre, cette figure de rhétorique était simplement glissée pour
alimenter la conversation !
A-écrit : Alors je vous rétorquerai que la plaine est à
la montagne ce que la platitude est à la longitude !
B-écrit : Votre réponse geo-maniaque ne peut convenir
qu’à des navigateurs égarés. Et je pèse mes mots !
A-écrit: Au lieu de peser vos mots, vous feriez peut-être
mieux de mesurer vos paroles !
B-écrit : J’ai esquissé un semblant de sourire par
magnanimité pseudo-consentante à votre propos issu d’un catalogue des poids et
mesures. Il n’empêche que se rouler au milieu des bouses, laisse supposer un
être ayant des goûts dégoûtants. Ou, pour le moins, atteint d’anosmie patente.
A-écrit : Bisbille carentielle ! Sachez que de
grands auteurs ont peint, écrit ou chanté des pastorales sans évoquer la
matérialité des matières auxquelles vous faites allusion sans la moindre
vergogne !
B-écrit : Et vous, apprenez que je suis le seul
dépositaire des dernières bribes de vergogne restant sur cette basse Terre. Je
n’irai donc pas les gaspiller pour vos fredaines bucoliques.
A-écrit : Je piétine vos arguments fallacieux et sans
fondement aucun. Je continuerai donc à paître en haut lieu lorsque j’en aurai
le désir. Quant à vous, il me comblerait de savoir que vous persévérez dans
votre errance à travers le plat pays qui est le vôtre, dans vos steppes désertiques,
ou mieux, sur la surface de la Lune, ce qui me donnerait l’occasion de ne
jamais vous rencontrer !
B-écrit : Je suis d’accord avec vous sur ce
point ! Je déteste me trouver face à face à des énergumènes décervelés et
ignares, aux mœurs douteuses et
proférant des catachrèses aiguës.
A-écrit : Cacochyme véreux !
B-écrit : Vétilleuse !
A-écrit : Vacuité polymorphe !
B-écrit : Vide sidéral et sidérant !
A-écrit : Crotte de nez !
B-écrit : Roulure scatophile !
A-écrit : Pédant à roulettes !
B-écrit : Fan de Delarue !
A-écrit : Ah là tu exagères ! Je réfute !
B-écrit : Excuse-moi, ça m’a échappé. Je retire.
A-écrit : Bon, j’excuse. Concentré de bave
d’escargot !
B-écrit : Ramolli du cervelet !
A-écrit : Excrément d’alligator !
B-écrit : Vomi de gnocchi !
A-écrit : Fan de foot !
B-écrit : Ah non ! Ça c’est trop fort ! Je m’insurge !
A-écrit : Je reconnais, c’est allé un peu loin.
J’efface.
B-écrit : Concentré d’épinards à la crème !
A-écrit : Stop ! Il est tard je vais me coucher.
B-écrit : Tu as raison, le temps passe vite avec
toi ! Moi, je suis déjà au lit… avec mon portable.
A-écrit : Je sais, je ferme le portable du salon et je
te rejoins tout de suite.
B-écrit : Je t’embrasse ma petite Agathe d’épouse et je
t’attends les bras ouverts !
Agathe- : Je m’y précipite illico mon gentil Bernard de
mari. Je t’aime !
Bernard- : Je t’aime ! ».
Ainsi va la vie…
enfin, pas toujours… il y a pire… enfin je crois !
Dans la suite, si elle
existe un jour, j’introduirais peut-être
la lettre C dans ce qui sera alors un « trialogue »…
04 avril 2009
Arbres à came ?
Que se passe-t-il dans nos forêts ? Depuis qu’ils
entendent parler d’écologie, les arbres arborent un comportement copié sur
celui des hommes, ce qui est terriblement inquiétant. On comprend bien qu’ils
en ont assez de se faire scier, mais quant à mimer les humains tout de même !
Bloc-notes en main et en papier recyclé pour ne pas avoir
l’air de faire de la provocation, j’ai parcouru quelques bois alentours et ce
que j’ai relevé m’a fait peur !
Jugez-en plutôt :
J’ai surpris le chêne, ci-devant roi des forêts, en train de
glander, face à des porcs goguenards.
Le chêne-liège, ci-devant vice-roi, lui se plaignait de ne
plus avoir de débouchés et son attitude flottante laissait à penser qu’il pourrait pousser le bouchon un peu trop loin.
Et puis, j’ai vu un charme qui s’apprêtait à opérer ! Un
ormeau qui élevait des lapins ! Un tremble qui n’avait plus peur de rien. Un
bouleau qui faisait grève au bord de la rivière, fier comme un pape, il portait
même une pancarte « Défense de
pêcher ». Près de lui, de le voir ainsi affublé, un saule pleurait de
rire à s’en faire tomber les chatons !
Il n’était pas le
seul à émettre des revendications,
d’autres portefeuilles, s’y étaient mis.
Le platane ne voulait plus percuter les voitures, en revanche le sycomore,
toujours bon vivant, ne demandait qu’à prendre
le job. Le frêne désirait accélérer sa croissance qui pourtant est déjà rapide. Le pin parasol voulait faire de
l’ombre aux autres et demandait d’avoir pignons sur rue ! Le hêtre refusait
de continuer d’être auxiliaire, hêtre et ne pas être, telle était sa
réponse ! Le cyprès souhaitait vivement aller vers les îles lointaines
sous le vent. L’érable exigeait le titre de vénérable à part entière ! Et
puis quoi encore !
Certains autres cependant étaient en perte de vitesse. J’ai
constaté que le peuplier avait perdu sa belle souplesse d’antan, pire : il
tremblait de toutes ses feuilles. Que le tilleul dormait en permanence. Que l’if
se faisait de plus en plus vieux et prenait
sérieusement de la bouteille. Que le figuier faisait piètre figure. Que le
sapin sentait la mort. Que le mélèze avait des malaises de plus en plus
fréquents, et il commençait à perdre ses
aiguilles. Au printemps ! Qu'un autre mélèze, balèze autrefois celui-là, n'était plus que l'ombre de lui-même.
Dans nos vergers aussi la contagion progresse, parfois
bizarrement. J’ai vu un poirier faire les pieds au mur ! Un pommier
revendiquant la découverte de la gravitation universelle qu’il aurait transmise
à un certain Newton, dont on a jamais entendu parler !
Outre-mer, et à l'étranger, on commence à entrevoir les prémices de l'étrange épidémie.
Les bananiers se couvrent de décorations ridicules. Les palmiers n’ont plus la
mémoire des dattes. Les cocotiers ne veulent plus pondre de cocos. Les hévéas
qui se la coulent douce maintenant ont porté plainte contre les pilleurs de
troncs à l’instar des pins des Landes. L’iroko singe les iroquois avec sa petite touffe sur la tête ! Le
comble : on a surpris des benjoins en train d’en fumer un ! Le baguenaudier est parti baguenauder dans la steppe. Le banian s'est mis au Banania au détriment du fromage. Quelle époque !
Il paraît même que l’écorce de certaine essence, mais on ne
peut dire laquelle à cause de représailles possibles, a demandé
l’indépendance ! Mais n’allez pas le raconter car le sujet est
brûlant !
Si la tendance s’accroît, la situation deviendra vite intenable,
on a de la sciure à se faire ! Au lieu de stère, on ferait bien mieux de
bûcher la question.
Il m’a semblé de mon devoir de vous mettre en garde.
Si de votre côté, vous avez remarqué des incidents
analogues, n’hésitez pas à m’en faire part. Je les rajouterai au dossier.
Merci d’avance.
Rajouts des ami(e)s:
Gzormix y met son grain de
sel: "...au lieu de lire
ailleurs" "Le lilas qui la Critique de la raison pure" ou "
...qui l'annuaire des téléphones" (Ces deux romans ne sont pas
du même auteur !)
Merci à vous
24 août 2008
UNE JOURNEE EXTRAORDINAIRE
Ce jour d’hui fut extraordinaire
et je manquerais à tous mes devoirs de citoyen responsable, si je ne vous le
narrais par le menu – la carte me reviendrait trop chère – afin de vous en faire partager les péripéties.
Ce matin, je ne me suis pas levé très tôt. Pas très tard non
plus. Pour la raison que je ne devais pas me rendre à mon travail. Pas plus que
demain… ni après. A dire vrai, je n’ai pas de travail. Une fois debout, je suis
allé sacrifier aux exigences de notre constitution corporelle – je précise
« corporelle », car je ne voudrais pas que l’on confonde avec la
Constitution de la France, qui est notoirement différente, et donc possède des
exigences d’un autre ordre. Cela fait, si j’ose dire, j’ai pris un petit
déjeuner composé d’une tasse de café, sans lait, et de deux modestes tartines
beurrées. Ce qui me prit presque une demi-heure.
Ainsi nanti d’un viatique
alimentaire, je m’en fus allé procéder à ma toilette. D’abord, rasage de la
barbe et brossage des dents. Parfois je change, je me brosse les dents avant de
me raser, mais le temps passé reste le même. Après j’ai pris une douche, pas
trop chaude, mais pas trop froide non plus. Je préfère la douche au bain, car
j’ai remarqué que l’on gagnait un temps précieux, et donc de l’argent,
notamment pour le lavage des cheveux. Sans compter l’économie d’eau, si
indispensable en ces temps de sécheresse promise par tous les bons écolos en
vue.
Ensuite, je me suis habillé. Là,
c’est à la mode à laquelle je sacrifie. J’aime les vêtements de bon goût,
c’est-à-dire pas trop ostentatoires, ni trop « tout venant ».
C’est pourquoi, j’ai préféré pour ce jour un jean bleu et un tee-shirt blanc et
une paire de chaussures de basket. Pour couronner le tout, si je puis dire,
j’ai enfilé un petit blouson de toile légère de couleur vieux rose avec la mention « New York city »
imprimée au verso. Je l’ai choisi car il me va bien au teint, et il va bien au
temps aussi car il est imperméable. Ce
qui est indispensable sous ces pluies continuelles qui n’ont pas la correction
de suivre les prévisions des écolos bien-pensants etc. La pudeur bienséante qui me caractérise m’a
empêché de préciser que j’avais enfilé un caleçon avant le jean, j’ai préféré
passer ce moment délicat sous silence. D’ailleurs mon récit ne s’en ressentira
pas.
Me voyant ainsi habillé, et
n’ayant pas autre chose à faire, j’ai
décidé d’aller faire quelques courses dans les environs, malgré la pluie. Il
devait être autour de dix heures, dix heures et demie. C’est très important de
le noter. En sortant de chez moi, j’ai emprunté le trottoir sur ma droite.
Pourquoi ? Je ne le sais pas. J’aurais pu partir aussi bien sur celui de
gauche qui s’attendait pareillement à être emprunté… mais non, j’ai choisi,
sans doute inconsciemment, d’aller à droite ! On ne contrôle pas le
destin !
Au bout de quelque temps, je
m’aperçus que toutes les boutiques dans lesquelles je souhaitais faire mes
emplettes étaient fermées ! Ce fut pour moi une très grande surprise à
laquelle bizarrement je ne m’attendais point. Jusqu’au moment où je réalisai
que nous étions lundi et que les magasins avaient donc une bonne raison de ne
pas ouvrir. Ce fut pour moi une très grande désillusion. Je m’étais mis sur mon
« trente et un » pour rien ! Il devait être entre onze heures
et onze heures et quart, au moins. Et je ne me doutais encore de rien !
J’avais encore un peu de temps devant moi et je pris alors la décision insensée de
pénétrer dans le seul établissement ouvert le lundi : le café brasserie de la place. Pour me
donner l’impression d’être en vacances, malgré la pluie, j’ai commandé un
pastis. En général, je déteste cela en dehors des mois de juillet et d’août.
Mais là, je ne sais pas encore ce qui m’est passé par la tête et je me suis
retrouvé en tête à tête avec cette boisson. Que j’ai sirotée avec détachement
et circonspection jusqu’à la dernière goutte. Pour ne pas froisser le tenancier.
Je suis sorti de ce lieu, il était quasiment midi. Je commençais à ressentir quelques frémissements anormaux, mais j’attribuai
cela au refroidissement dû à la pluie.
A midi et quart, midi vingt,
j’étais à table pour le déjeuner. Comme tous les lundis, ma femme avait
concocté un steack-nouilles, accompagné d’une salade verte. Pour le dessert un
petit morceau de camembert – pas trop fait – et, (pas ou !) un fruit de
saison. J’ai pris une banane. A treize heures, très exactement, je me suis
installé devant la télé pour obtenir des informations sur les évènements mondiaux
du jour. Là, j’ai le choix. Soit Cucu-concon sur la première chaîne, soit
Cucu-gnangnan sur la seconde. Charybde ou Scylla, la peste ou le choléra. Le
premier est plus intéressé par le nouveau four à pain du boulanger d’un petit
village de la Creuse que par ce qui se passe dans le monde. La seconde, après
son : « Bonjour bienvenue
dans VÔTRE édition du 13 heures ! », genre Zavata (Bonzour
les pétits zenfins !), et l’inévitable rubrique football,
énumère, avec le sourire satisfait de l’idiote du village, le quota de morts
violentes survenues dans les dernières vingt-quatre heures. J’alterne tous les
jours dans l’espoir que l’un ou l’autre disparaisse pour laisser enfin la place
à un vrai journaliste. Aujourd’hui c’était cucu-gnangan. Visiblement, c’était
son heure de gloire. Pensez donc : inondations ici et là, séismes ailleurs, et puis l’Irak et
l’Afghanistan, toujours au rendez-vous, et j’en passe et des pires. La hausse
des prix, les déplacements de qui-vous-savez etc. La météo annonce de la pluie,
trop tard, elle est déjà là. Que des nouvelles rassurantes !
A quatorze heures, j’ai reçu un
coup de téléphone de mon beau-frère. Le mari de la sœur de ma femme. Il n’est
pas méchant mais… il est comme il est, ce n’est pas moi qui l’ai choisi. Il m’a
annoncé que ce soir il y avait un match de foot à la télé, surtout à ne pas
manquer (je les manque tous, je déteste le foot). A part cela, que la gamine
–ma nièce en l’occurrence – elle va
avoir huit ans, avait attrapé « la rougeole ou la rubéole, un truc
comme ça ». Et qu’il était constipé. J’aime beaucoup recevoir des
nouvelles de la famille. Fin de la communication à quinze heures quinze, voire
quinze heures dix-sept. Le « timing » reprenait.
Lesté de tant d’informations, j’ai
rejoint mon ordinateur pour m’occuper de mon blog. Je l’avais laissé un peu à
l’abandon par suite de déconvenues d’amour propre, survenues et essuyées
proprement, mais ayant laissé des traces sur un ego déjà froissé. Le mettre à
jour m’a emmené jusqu’à pratiquement dix-huit heures, peu ou prou.
Jusqu’à dix-neuf heures, j’ai mis
un peu d’ordre sur mon bureau qui en manque cruellement et j’ai même passé
l’aspirateur sur le coin qui m’est dévolu. Et déjà, il c’était l’heure de mon
apéritif et de mon jeu télé favori : « Qui veut gagner des
millions ? ». J’arrive presque toujours au premier
palier ! Après… . Mais j’arrive toujours à la fin de mon apéritif !
Le deuxième de la journée… demain je me mets à l’eau gazeuse. Il était déjà
presque vingt heures. Le dénouement approchait, je le sentais bien alors.
L’heure des informations du soir. Au moins, les
présentateurs ne sont pas les mêmes ! Mais quand j’ai vu sur TF1 la figure
joyeuse de l’Inamovible, j’ai préféré, encore ce soir, me porter sur la Deux, laquelle,
sans doute pour faire oublier la prestation de Cucu-gnangnan , propose au « vingt
heures », des journalistes quasiment dignes de ce nom. Mais comme, les
nouvelles étaient les mêmes que celles de treize heures, j’ai coupé court et
j’ai répondu aux appels insistants de ma femme qui me réclamait à table. Elle
m’avait cuisiné avec talent deux knakis pour accompagner le restant de nouilles
de midi. On ne jette rien par souci d’une conduite écologiste affirmée. Il y
avait encore beaucoup de nouilles, c’est pourquoi, après trois assiettées bien
pleines, j’ai renoncé au dessert. D’ailleurs, il n’y avait plus de bananes.
Il devait être entre vingt heures
quarante-cinq, vingt heurs cinquante-six.
J’ai laissé ma femme devant le
poste de télévision à regarder sa série policière préférée : cela lui fait
oublier les tragiques situations réelles de ce bas monde. Et on apprend
beaucoup de choses sur la façon de trucider son conjoint, sans se faire
prendre. Il était vingt et une heures trente six.
Et me voici devant mon ordinateur,
face à vous, mes chers lecteurs, car il me tardait de vous faire partager ma
chance d’avoir une grande vie bien
remplie, comme vous avez pu le constater, si vous m’avez suivi jusqu’ici.
J’ai une pensée empathique pour
les gens qui mènent une petite vie et n’ont rien à raconter aux autres. Toutes
les péripéties que j’ai vécues aujourd’hui vont certainement faire des envieux
parmi vous, mais qu’ils ne désespèrent pas, on ne sait jamais de quoi demain
sera fait.
Je vous souhaite à tous le
bonsoir.
Signé : Gzormix, votre blogueur préféré.
PS: en plus, j’ai décidé de vous dévoiler une photo de mon cru et de mon intimité poussée jusqu’à son extrémité. Décidément, je vous gâte !
Ce qui est extraordinaire ? C’est que vous m’avez lu jusqu’ici !
18 avril 2008
LE DOUTE
Moi,
je ne suis sûr que de ce que l'on me rend. C'est pourquoi je ne prête qu'aux
riches. Les riches, les Grands, eux, au moins, ont les moyens, ce n'est pas
comme les petits qui ont beaucoup de petits et pas de moyens...
Aussi, j'aime les riches.
Et ils me le rendent bien. C'est pourquoi je leur prête volontiers.
Quand on prête, il faut
être très attentif. Il m'est arrivé de prêter une oreille à de vulgaires
propos. Elle en a été froissée et maintenant, je ne l'entends plus de cette
oreille !
On n’est jamais trop
prudent. Tout congénère, et on sait combien leur race est prolifique, génère,
puisque tel est son rôle, ou, si vous préférez, suscite, la suspicion, la
susceptibilité ou le scepticisme souvent sans s'en soucier.
La méfiance est de mise
dans les affaires. Même si c'est dans ce milieu que l'on rencontre le plus de
personnes qui ne doutent de rien. Ces gens qui vous défient, moi je m’en méfie
car je les tiens pour gens douteux.
Alors, me
demanderez-vous, à qui se fier ? Aux officiers ?
Pas aux officiers
militaires. Un grand général, héraut de la Grande Muette, le disait lui-même:
« Faut pacifier, faut pacifier! ». D’ailleurs, comment peut-on les
approcher ? Le jour, ils sont si bien protégés derrière les grilles des
casernes qu'on ne peut les voir qu'à travers les barreaux, occupés à s'agiter
avant de servir. Et, quand vient le soir, en partant, ils se déguisent en
citoyens tout venant pour ne pas se faire reconnaître. Alors comment faire ? Et
puis se fier à des gens si fiers ?
Pas aux officiers
ministériels. Non, pas eux. Ils se méfient de tout. Et puis on ne sait, ni qui
ils sont, ni où les trouver, ni à quoi, et encore moins à qui, ils servent.
Quand on parle
d'officier, on peut penser au culte. Il y en a même qui ne pensent qu'à cela.
Ils confessent tout ce qu'ils ont sous la main pour pouvoir donner pénitence.
Pourtant, on devrait pouvoir se fier à la parole d'évangile. Mais elle est souvent si obscure qu’on finit par s'en
détacher, sans auréole. A quel saint
se fier ?
En parlant de culte, on peut évoquer aussi les sciences occultes, les médecins qui auscultent, les juges qui occultent, mais là, c’est une autre paire de manches !
On peux penser à ceux qui
officient dans les officines de restaurants, là où les chefs faisaient le coup
de feu il y a belle lurette (heureuse lurette qui est toujours belle après tant
d’années !). Mais il y a de moins en moins de restaurants et de plus en
plus de gargotes qui en font office et qui vous achèvent à coups de fusil
quand ils n’ont pas réussi à vous empoisonner avec leurs succédanés de nourriture.
On ne peut plus s'y fier.
Il y a toujours quelqu’un
pour semer le doute, un sceptique, ou un celtique, voire un français ;
alors le doute se met à germer, surtout dans les esprits fertiles. Puis, il
grandit, grandit, grandit, jusqu’à ce que l’on ne puisse plus le lever. Il
s'installe alors confortablement dans votre vie, pour la gâcher. Le doute est
le ferment de la jalousie, comme le cidre est le ferment du jus de pomme. Le
doute fermenté est indigeste et difficilement assimilable. Il ronge
irrémédiablement l'intérieur et crée une ombre de jalousie à travers laquelle
on ne voit plus les choses comme elles sont et qui finit par occulter l'entendement.
Il n'y a de pire sourd que celui qui ne veut rien voir !
Le doute est lui-même
douteux, voire ambigu. C’est souvent lorsqu’on affirme qu’il n’y en a pas qu’il
est là. Prenons quelques exemples.
« Ma femme a sans
doute un amant ! » pensez-vous. Le « sans doute » exprime
que vous avez bel et bien un doute sur la conduite de votre femme. En même
temps, il vous laisse une petite pointe d’espoir qu’elle soit restée fidèle. Mais
si peu.
« Cela va sans doute
bien se passer ! » dites-vous intérieurement en montant dans l’avion. Mais vos mains fébriles crispées
sur votre bagage à main comme sur une bouée de sauvetage dénoncent que votre
doute est déjà bien assis dans une cellule de 1ère classe de votre
esprit. Et, il n’a aucune envie de débarquer avant l’arrêt complet de
l’appareil.
« Nul doute qu’elle
sera à l’heure ! » espérez-vous, debout sous la pluie à attendre
votre dulcinée. Pourtant, vous savez bien qu’il s’agit là d’une chose impossible
et impensable. Mais vous doutez dans l’espoir !
Le doute meuble votre
existence. Et comment vivre en l’évitant ? Difficile. Les gens qui lévitent
sont forcément évaporés, de peu de consistance, « pas bien dans leurs
pompes » et finalement ne pèsent pas lourd, trop cependant pour voler
de leurs propres ailes. Et pourtant, pour les rencontrer, il faut agir avec
zèle et ne pas avoir le vertige.
Notre itinéraire
personnel est jalonné par le doute. Ne parle-t-on pas de doute départemental,
de doute national ?
Parfois même je doute de
moi. « Qui suis-je ? » demandé-je à mon ego. Mais l'ego ne répond
pas. Je me demande si j'ai un bon ego ou un bonnet d'âne. Parfois, je vais
jusqu'à redouter de douter.
Hélas, le doute n'est pas
permis, mais il est largement admis, même dans la plus intime des convictions.
Pourtant le doute, somme toute, n'apporte rien, sinon du mal. Alors comment
voulez-vous avoir du bien ? Et il en faut pour prêter aux riches.
Oh pas s'y fier, n'est-ce
pas cependant noircir la situation ?
Ah si nous pouvions mettre le doute à l'égout !
Car à force de ne plus
être sûr, moi ça m’aigrit. A ce régime, j’en arrive même à perdre du poids.
Ce qui prouve bien qu’à quelque chose malheur est bon.
Bon weekend, ou bonnes vacances (rayer la mention inutile), vous n'aurez que du beau et du bon temps, n'en doutez pas....
12 avril 2008
NEZ EN L'AIR
« Eh bien, j'ai failli ne pas venir ! Déjà hier il y a eu quelques coups de vent, mais aujourd’hui c’était carrément des rafales: c'est l'escalade de la violence ! Signe des temps ! Passer entre les coups c’est déjà difficile, alors passer entre les rafales demande une célérité qui ne m'est pas coutumière ! J'ai bien cru y rester ! C’est pour cela que j’ai failli ne pas venir.
Heureusement, que j'ai le
nez creux, et que j'avais senti le vent venir. Alors j'ai pris des précautions :
pour venir, je me suis bien arrimé. Rien de plus facile pour un poète ! (Je dis
souvent que je suis poète, ce n’est pas vrai, encore que quelques fois j’y
crois moi-même, mais cela embête tellement les gens que je connais...).
Avant, je n'avais pas de
nez. Je ne pouvais même plus sentir ma fiancée, pourtant si proche de
moi ! Mes projets de mariage ont tourné court. Dommage, car elle a fait un
bel héritage depuis ! Ah si j'avais eu le nez plus long à ce moment là !
Je m'en suis consolé (de
la fille, pas de la perte de l’héritage), mais néanmoins, j'ai consulté un pro
et éminent spécialiste. Je ne pouvais pas me contenter d'un néophyte qui
m'aurait tiré un nez comme ça dès qu’il m’aurait vu. Tandis que le spécialiste
a été ravi d’avoir à traiter mon cas. Après plusieurs semaines d’examens, et
des honoraires presque aussi élevés que ceux d’un animateur de télévision, il
m’a tout de suite conseillé l'intervention locale ou l'ablation... J'ai choisi
la première solution. Il a donc procédé à une intervention sur mon appendice
nasal. Il me l'a bien refait hein ? Il m'a bien refait sous toutes les
coutures. Un virtuose ! Les seules cicatrices encore visibles après
dix ans sont celles de mon compte en banque ! C'est lui qui a le plus
souffert et il ne s’en est pas encore remis. Depuis, je ne peux plus sentir les
chirurgiens et je vis de l'air du temps.
Depuis mon opération, je
suis à même de mieux sentir venir les choses et d’apprécier plus précisément
les distances. Subsistent quelques petits problèmes. Mon nouveau nez vagit quand
je me mouche ! Et je me mouche souvent car il coule. Un médecin bien
attentionné m'a suggéré d'arrêter de biberonner... c'est vous dire s'il faut
être patient avec les médecins, surtout quand ils en tiennent une couche comme
celui-là !
Surtout, n'en soufflez
mot à personne, car je ne voudrais pas que cela s'évente, mais j'ai l'impression
que mon nez me joue des tours ! Il me semble parfois qu'il me donne un drôle
d'air. Je ne me sens plus moi-même. Dans ces moments-là, même les gens qui me
connaissent bien sont soufflés : ils me disent que j'ai l'air inspiré. C'est
vous dire !
Mais avant ma réfection,
c’était bien pire. Tenez, j'avais un voisin. Un musicien. Il jouait d'un instrument.
A vent. Un instrument à vent qui porte un nom de fruit. Ah oui, du flageolet.
D'ailleurs, à la fin, il ne tenait plus sur ses jambes. Le voisin, pas le
flageolet. A force de s’époumoner, il a rendu le dernier soupir, phtisique ou
poitrinaire, je ne sais plus très bien. Je me demande même s'il n'était pas
tuberculeux, mais ça ne me regarde pas.
Au début, je m'entendais
bien avec lui. On se tutoyait même. C'était alors un homme très actif. Un jour,
le voyant ainsi s'agiter, je m’exclamai : « Maurice, quelle pétulance
! ». Ce qui était plutôt admiratif. (Mais lui avait entendu, je ne sais
pour quelle raison : « Quels pets tu lances ! ». Cela, je
ne l’ai compris que beaucoup plus tard ).
Alors, c'est là que le
vent a tourné. Il m'a regardé d'un air pincé, comme si j'avais dit une incongruité,
puis, il m'a jeté sur un ton bien senti : « Et toi, tu te gênes
peut-être ? ». Et il m'a tourné le dos. Ostensiblement. Le
lendemain, il construisait un parapet. Sans mot dire, tout en me maudissant.
Quand j'ai eu vent de l'affaire, par ma femme, qui a toujours une oreille qui traîne (jamais la même car elle est coquette et tient beaucoup à la symétrie de ses organes), je me suis enquis auprès de la sienne, de femme (il faut suivre !) du but de cette construction. Elle-même (attention, je n’ai pas dit « elle m’aime »), ne me parlait plus qu'à demi-mot, et c'est d'un air mi-pomme, mi-rabelle (chez nous, dans l'Est, il n'y a ni figues, ni raisin) qu'elle me jeta (ils jetaient beaucoup dans cette famille) : « C'est pour détourner les vents dominants ! ». J'en suis resté pétrifié !
Alors moi, pour ne pas
être en reste, j'ai construit un paravent.
Dès que j'ai eu mon
nouveau nez, j'ai compris que l'usine à gaz d'à-côté était pour quelque chose
dans notre brouille et j'en ai ressenti une certaine tristesse. Je n'avais pas
eu beaucoup de flair dans cette pitoyable affaire !
Depuis, l'usine a fermé
ses portes et ses vannes et mon voisin a disparu.
Moi, j'ai planté des
roses. Des roses des vents pour qu'elles portent leurs senteurs aux quatre
points cardinaux. Maintenant le fond de l'air est frais. Reste à traiter le
dessus. Je m'y emploierai, jusqu'à ce que j'expire.
Comme William... ou
Ronsard qui aimait tant les roses !
30 mars 2008
Au PAC camarades !
Lettre aux agriculteurs,
Pour votre plus grand intérêt, les élites de la Nation et celles de la Supranation, vont désormais vous guider sur le chemin du bon sens qui est aussi celui du réalisme économique.
Depuis toujours, vous avez eu le libre choix de votre façon d'agir et que voit-on aujourd'hui ? Vous produisez trop, vous polluez les eaux, vous menez vos affaires en dépit du bon sens, et surtout vous coûtez trop cher.
Des exemples: En 2003, on vous demandait de geler vos terres et qu'est-ce qu'on a eu ? la canicule! On vous a demandé de produire plus et vous, vous avez produit plus et ainsi vous avez engorgé les marchés. Bref, vous ne pouvez plus bénéficier de la confiance que vous portait jusqu'ici toute l'Europe.
Vous comprenez bien, enfin on l'espère, que l'Europe s'étant enrichie de dix nouveaux Pays, dont la plupart sont pauvres, vous allez devoir contribuer à les faire émerger. Notamment en leur abandonnant généreusement les bouées de sauvetage dont vous bénéficiez largement sous la forme de la PAC.
Pour vous aider dans cette manifestation généreuse autant que volontaire, cela se fera par glissements successifs afin que vous ne gaspillez pas de carburant pour aller barrer les routes avec vos jolis tracteurs.
Des sommes énormes ont été dépensées pour que vous coûtiez moins cher. Par exemple, pour réaliser la couverture aérienne de tous vos champs. Fini les plans cadastraux avantageux de vos grands pères ! Place aux photos. Contrairement aux autres, les avions chargés de cette tâche volent toujours à la même altitude, selon un axe rigoureux, sans dévier d'un centimètre ! De plus, bien que, vues d'en haut les terres soient toutes plates et que les photos soient rarement prises à la verticale de votre champ, on vous assure qu'elles sont extrêmement précises. Alors que les plans cadastraux, établis depuis des siècles…Vous pouvez constater que le plus souvent la surface de vos champs a largement rétréci avec ce nouveau système. C'est donc que jusqu'ici vous trichiez impunément en utilisant le cadastre comme référence pour votre déclaration de surface !
Vos champs étant rogné par les photos, la PAC vous sera rognée d'autant.
Soucieux des difficultés des agriculteurs, si chers à leur cœur, vos élites zélées n'ont pas voulu vous faire payer directement les photos qu'ils vous ont si gentiment fournies. Cependant comme le gain réalisé par la réduction des surfaces cultivées ne couvrira pas les frais engagés, d'autres encouragements vous sont donnés.
Notamment, on vous a concocté la "conditionnalité 2005". Ne cherchez pas dans le dictionnaire, ça n'y est pas. Parce que c'est moderne. Voilà enfin les conseils amicaux dont vous rêviez depuis longtemps !
On vous explique tout ce qu'il vous faire dans un langage très clair, pour ceux qui l'ont écrit, dans un petit dossier, à peine plus épais qu'un annuaire téléphonique de Paris. Et je pense que c'est avec joie que vous l'avez découvert, et que vous êtes fiers de contribuer bénévolement à la sauvegarde de la planète. Au prix, si l'on peut dire, de quelques petits accommodements. Il vous faut prévoir et consigner avec précision dans des registres ad hoc: les engrais (nom, prénom, adresse, date de naissance, qualité, composition, quantité au gramme près, etc. ) que vous déverserez, l'endroit où vous les mettrez, sans omettre, c'est évident le jour et l'heure d'épandage. En tenant compte naturellement des interdictions nécessaires à une bonne gestion de l'environnement. Pendant que vous y êtes, prévoyez-en plus ce que vous planterez.
Il est bien évident que si, le moment venu, vous changez quelques choses de vos prévisions, la râpe à PAC va fonctionner. Et n'invoquez pas les conditions météo, soyez modernes ! Il s'agit ici d'un simple survol de la situation, pour les détails fiez-vous au dossier fourni.
Cela, c'était le côté "protection de l'environnement".
Mais, ce n'est pas tout ! Comment n'y avez-vous pas songé vous même ? Il ne vous est jamais venu à l'esprit de faire une jolie bande ornementale autour de vos champs ? Heureusement qu'il y a des élites, dont je fais partie, qui pensent pour vous ! C'était tellement bête et ils l'ont trouvé. Alors, vous êtes invités à rogner encore vos cultures pour y planter quelque chose de joli, des marguerites, des coquelicots, et pourquoi pas des bleuets ?
Bon, je ne veux pas m'étendre sur tous les avantages qui vous attendent, car j'y serai encore dans deux mois et j'ai d'autres choses à faire. Et vous les connaissez autant que moi si vous avez pu lire votre dossier jusqu'au
remarqué, cette année encore comptera treize mois. Décidément, on vous gâte !
Ah encore une autre, n'oubliez pas d'habiller vos champs pour l'hiver de peur qu'ils ne prennent froid :
Parmi les choses que j'ai à faire, en dehors de vendre mes terrains, c'est de finir la rédaction d'une étude détaillée sur la façon de continuer l'importante avancée réalisée cette année en matière de culture et d'indemnisation. Ce riche document est destiné aux plus Hautes Instances qui nous gouvernent (de Paris… non de Bruxelles… non de Paris………non de Bruxelles…….enfin aux deux. Pour l'instant) afin de leur fournir quelques pistes, lesquelles je crois, pourraient marquer ce siècle, si elles sont suivies.
Tenez, je vais vous en donner quelques exemples. Gratuitement. Mais en vrac.
Pour simplifier vos calculs et mettre un peu d'ordre dans l'environnement: Les champs cultivés devront être plats, parfaitement rectangulaires et d'une surface à chiffres ronds; les ares et centiares seront supprimés. Les parties situées en dehors de ces rectangles seront nommées "surfaces ornementalières"(2) et devront être recouvertes de parterres de fleurs dont la composition fera l'objet d'une étude annuelle par une commission ad hoc ou européenne.
Le nombre de sillons, qui sera appelé "sillonnage", sera réglementé pour une harmonieuse harmonisation.
Comme vous effectuez des virages à tout bout de champ avec vos tracteurs, la surface des parties écrasées, (appelées alors "surfaces de réparation"(2)) donc improductive ou peu s'en faut, sera décomptée de la partie cultivée.
Les tracteurs, gros consommateurs d'énergie, donc polluants devront être abandonnés peu à peu et remplacés par une traction animalière, voire humaine. Quant au moissonnement, il sera fait à la main. On pourra ressortir les faucilles. Pour les marteaux on attendra encore un peu.
Les vaches, castrées pour ne plus fournir de lait , ne seront autorisées dans les prés que si elles sont de même couleur de robe. Cette couleur sera définie en fonction de la couleur du pacage. Pour l'esthétique. Nous pensons à nos visiteurs du ciel !
A la place de la PAC devenue obsolète dans une agriculture enfin modernisée, une taxe à la production sera imposée au nom de la solidarité mondiale. Etc.
Ainsi, les agriculteurs et trices devenus vaches à lait et cochons de payants seront tondus comme des moutons, fauchés comme les blés, ratissés et mis sur la paille, pour la gloire de la France… non de l'Europe… non de la France………… enfin pour la gloire !
Pour continuer mon ouvrage, je reste ouvert à toutes suggestions aussi intelligentes que vous pourriez me faire...
….si je vous donnais mon adresse !
Soyez assurés, plutôt deux fois qu’une, de ma haute considération et de mon dévouement à la cause agricole.
Signé Gripsew,
Directeur du bureau des études de productions inversées et membre de la commission chargée d’organiser les commissions pour la standardisation des études et réalisations de propositions concernant les sujets relatifs à la conservation des espèces par congélation d’hormones mâles dans le lait bouilli, agent interfédéral, chargé de fonction à la direction des études diverses et variées relatives à la culture et des activités annexes, notamment l’implantation de la culture de la banane sur le Causse Méjean et le développement de la traite des blanches au Moyen Orient.
Agriculteur du futur ayant assimilé la culture des élites.
On est ébahi d'admiration devant les progrès à venir grâce à la standardisation, la rationalisation et les méthodes de managing mise en place par nos penseurs européens .
16 mars 2008
ACHATS ET VENTES
Je suis le champion des
bonnes mauvaises affaires. Que ce soit pour un achat ou pour une vente, je me
fais toujours rouler dans la farine, comme un poisson. D'ailleurs, à ce propos,
je vais vous en donner quelques exemples.
J'ai acheté un poisson.
Pas pour moi bien sûr, je
déteste le poisson et les poissons. Mais pour mon aquarium. Un cadeau offert
par mes collègues de bureau d'un de mes derniers lieux de travail. Ils ne m'ont
pas raté ! Bref, sur les conseils, avisés, bien entendu, du poissonnier, j'ai
opté pour un poisson rustique. Et bien figurez-vous que cette bestiole ne
savait même pas nager ! Il n'était pas rustique, il était taré ! Dés que je
l'ai glissé dans le dit aquarium, il n'a pas fait le tour du propriétaire comme
le font ses congénères. Il a coulé directement au fond ! Et au lieu de s'agiter
dans le bocal, il s'est mis à téter les vitres ! Vous parlez d'une compagnie.
Enfin, je le garderai jusqu'à ce qu'il ait fini de nettoyer l'aquarium. Après
j'aviserai…
J'ai
acheté une chaîne Hi-fi dernier cri. C'est le seul qu'elle ait jamais poussé
avant que les enceintes fassent des petits. Maintenant elle est muette !
Remarquez, je ne m'en plains pas car finalement je préfère le silence, comme
les agneaux. Je me demande si je n'ai pas bien fait d'acheter ce poisson qui, à
tout prendre est très reposant.
J'ai
acheté une voiture flambant neuve. C'est effectivement ce qu'elle a fait.
J'aurais dû me méfier lorsque le vendeur m'a dit qu’elle marchait du feu de
Dieu ! Un feu d’enfer oui ! J'ai revendu la carcasse carbonisée à un
sculpteur et avec l'argent ainsi récupéré, j'ai pu acheter une brouette, ce qui
m'a permis de conserver un véhicule.
J'ai
acheté une montre. Une montre de marque, de grande marque. A tel point que le
nom ne tenait pas en entier sur le cadran. Il fallait lire la suite au dos.
Pour économiser de la place, les chiffres et les repères des heures avaient été
supprimés. Il restait les aiguilles. Une chance, comme je le faisais remarquer
à Monsieur l'horloger. Lequel me fit un tel article que finalement j'emportai
l'objet.
J'arrive à la maison
triomphant : « Mimine, devine ce que je t'ai rapporté ! –Montre, me dit-elle
!». Je ne peux rien lui cacher !
Sauf la montre: disparue
! J'eus beau fouiller et refouiller toutes mes poches, même les plus inavouables:
plus de montre. Sans perdre une minute, je retournai sur mes pas à la recherche
du temps perdu. Finalement, je l'ai retrouvée gisant sur un passage pour
piétons, tombée en panne. Je l'ai secouée
pour la remettre en marche mais en vain. De sa propre initiative elle s'était
arrêtée là, et elle refusait définitivement de marcher ! J'ai récupéré son
bracelet et l'ai abandonnée à son triste ressort.
Alors, dégoûté
définitivement des emplettes, j'ai voulu vendre mon âme au Diable pour payer
mes traites. Il m'a fait répondre que le chauffage était devenu hors de prix,
que son compte était à la Société Générale au mauvais moment et que, de toute
façon, je ne valais rien.
Même le Diable chipote en
affaires maintenant !
Enfin, il me reste la
brouette, quoique……..je trouve qu’elle ne tourne pas rond et elle couine bizarrement,
comme un cri d’agonie…
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15 mars 2008
DRAME FAMILIAL
Hier soir, aux environs de vingt heures
trente-trois, un drame atroce a failli se dérouler rue Sadique Arnaud, bâtiment
C, porte AB, appartement 023.
A la suite d’une querelle avec son mari au sujet d’un camembert faisandé, Madame Virago, née Lemplumé, 34 ans le 23 juillet prochain, s’est soudain saisi d’une chaise de la salle à manger Henri II, l’a brusquement placée devant la fenêtre du salon Directoire, est montée dessus et, devant son mari impuissant, a grimpé sur le rebord de la dite fenêtre, malencontreusement ouverte, et s’est jetée dans le vide.
Les pompiers, alertés par des voisins témoins du
drame sont arrivés rapidement sur les lieux en même temps que le mari, éperdu
d’angoisse. Ils n’ont pu constater que la pauvre victime gisait sans connaissance
dans les nouvelles plantations réalisées la veille par le jardinier du
lotissement..
Au bout de quelques minutes, Madame Virago, a repris
ses esprits, au grand soulagement de la foule et quelques applaudissements
saluèrent cette bonne nouvelle. Après un examen pointilleux, le médecin,
accouru également sur place, a déclaré que la victime devait être transportée
d’urgence à l’hôpital, comme il est coutume dans ces cas là.
Ce matin, un porte-parole de l’hôpital a déclaré à
la foule massée devant les grilles de
l’établissement que l’état de la victime était très satisfaisant, l’opération
ayant parfaitement réussi. Pressé par les spectateurs avides de détails, le
porte parole a finalement consenti a préciser que l’opération avait consisté à
extraire de multiples corps étrangers de certaines parties de celui de la
victime, mais que la pauvre rescapée pourrait regagner son domicile dans la
soirée. Une salve d’applaudissements souligna ses propos.
On n’ose imaginer ce qu’aurait pu être le sort de cette
pauvre Madame Virago si elle n’avait pas habité au rez-de-chaussée ! Ou si
le jardinier avait oublié son râteau sous la fenêtre assassine !
Le dit jardinier a déclaré qu’il ne porterait pas
plainte contre la destruction d’une partie de sa plantation de cactus et
Monsieur Virago a décidé de jeter son camembert.
Comme quoi le civisme n’est pas mort.
08 mars 2008
HAUTS BAS HAUTS...
...Ou comment être dans la bain !
Dans la vie, on a des
hauts et des bas. Des bas parfois collants, dont on a toujours beaucoup de difficultés
à se débarrasser. Pour s'en sortir il faut de la volonté et de la persévérance,
ou de la chance, ou que quelqu’un vous tende la perche .
Je dis cela car dans ma
jeunesse, j'ai vécu pendant quelque temps dans l'illégalité et les bas-fonds
qui sont livrés avec.
Cela a commencé, comme c'est
souvent le cas, par de mauvaises fréquentations.
J’étais déjà dans le
trente sixième dessous quand j’ai rencontré Véronique. Elle m’était apparue un
soir d’errance. Habillée sur son trente et un, tirée à quatre épingles, un port
de vedette, quand elle m’a accosté pour me demander du feu pour sa cigarette,
j’ai été subjugué. Je l’ai invitée à prendre un verre et, à ma grande surprise,
elle a accepté. Au cours de la conversation que nous eûmes ensuite, elle m’a
avoué que comme moi, elle était dans une mauvaise passe. C’est ce qui nous a
rapproché. Pour une fois j’avais conquis une jeune fille bien sous tous
rapports.
En réalité, je m'en suis aperçu plus tard, elle était surtout bien pour tous rapports... et pour tous transports pour peu que l’on ait le ticket, comme moi, ou à défaut, pour tous les autres candidats, qui pouvaient se le procurer au tarif syndical.
Comment me serais-je
méfié ? Elle ne m’avait pas pipé mot là-dessus. Certes, elle m'avait bien dit
que son père, homme de fer, mais homme
de peine, était serrurier. C'est un métier très honorable aux multiples
ouvertures avais-je pensé. En fait d'homme de fer, il était en tôle. En fait
d’homme de peine, il en purgeait une en cage pour avoir fabriqué des rossignols.
En clair, pour les non-initiés, il faisait des passe-partout .
Sa fille aussi.
Elle m'a raconté plus
tard qu'alors elle ne rencontrait que des laissés-pour-compte. Un eunuque qui
voulait consommer sans bourse délier; un paumé qui la prenait pour une
poire; un voleur de poules qui voulait subtiliser son pécule; un
voyeur malvoyant qui lui avait dérobé sa garde-robe la laissant sans dessous
dessus et j’en passe, et des meilleurs.
La voyant aussi
méritante, je l'ai laissée guider mes pas, sans savoir où je mettais les pieds.
Et je me suis retrouvé sur la pente glissante.
C'est la cause de mon
instabilité de l'époque.
J'étais assoiffé de réussite facile, mais c'est elle qui a réussi... à me mettre l'eau à la bouche par ses propositions alléchantes. Entraîné par ses amis et le courant, j'ai fini par nager en eaux troubles et je me suis retrouvé bientôt dans le ruisseau, complètement à sec, dégoûté, la larme à l'œil. Puis j'ai trempé dans plusieurs affaires douteuses pour me remettre dans le bain. Car pour sortir la tête hors de l'eau, il faut savoir se mouiller. J'ai fréquenté des gens de plus en plus affranchis, c'est-à-dire de moins en moins recommandables. Et plus j’étais attiré par le milieu, plus je me marginalisais et plus je devenais excentrique.
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01 mars 2008
MON ÂGE ?
Certaines personnes, pour
me flatter, me disent : « Vous ne faites pas votre âge !».
Pour me flatter, ou pour
se payer ma tête... à crédit. Remarquez, il s’agit de ma part d’une supposition
gratuite, car à ma connaissance, ma tête n’a pas encore été mise à prix. Bien
qu’il faille reconnaître qu’elle en vaudrait la peine étant donnée sa rareté !
Si cela arrive un jour, sachez que je serais le premier à me dénoncer pour
toucher la prime ! En ces temps de disette, il faut prendre tout ce qui
tombe.
Je suis certain que ces
personnes pensent dans la leur, de tête, (c’est généralement là où s’exerce
cette activité, sauf pour les gens qui n’ont pas de tête)... qu’elles pensent
donc : « Je lui donnerais bien cinq ans de plus ! (voire
dix selon l’heure à laquelle a lieu la rencontre ) ». D’aucunes
sont allées jusqu’à quinze, mais elles ont été admises à l’hôpital dans les
jours qui suivirent.
Faire son âge, ce n’est
pas si facile.
Comment fait-on son
âge ?
Vous savez faire un âge,
vous ? Est-ce que vous savez faire le vôtre au moins ?
Avoir quarante ans, c'est
net, c'est logique, c'est mathématique, du moins on le crois.
Mais, avoir quarante ans
n’est vrai qu’une fraction de seconde. Après, vous ne les avez plus. Et pourtant,
vous allez affirmer pendant les trois cent soixante-cinq jours (trois cent
soixante-six, les années bissextiles) qui vont suivre que vous avez quarante
ans. Et après l’autre fraction de seconde qui vous fera basculer dans la classe
supérieure, vous consentirez à avouer que vous avez quarante et un ans, alors
que vous ne les avez déjà plus… pfuitt… ! Révolus ! Car vous venez,
en fait d’attaquer votre quarante deuxième année, etc.
Je dis quarante ans, car
c’est à peu près mon âge... si je savais le faire... mais je ne sais
pas... enfin à quelques années près. On
ne va quand même pas chipoter... !
D’abord, l’âge, qu’est-ce
que c’est ? Avoir des rides ici ou là, ou bien là ou ici ou quoi, il y a
tellement d’âges.
Tenez, je vais en citer
quelques-uns, en partant du fond des âges.
Il y a eu l’âge de
pierre, il y eu l’âge de Jean-Paul, un âge canonique.
Il y a eu l’âge de fer.
Paix à ses cendres. Il y a aussi l’âge de faire n’importe quoi.
Il y a eu le Moyen-âge,
avec ses carnages, maintenant, il y a les plastiquages et les prises d’otages.
Il y a le premier âge,
avec son babillage, le deuxième âge avec son baragouinage.
Et puis l’âge tendre pour
les têtes de bois. L’âge ingrat pour les obèses, l’âge bête, pour les ânes et
les oies blanches. Il y a aussi l’apprentissage, le premier dégrafage de
corsage suivi de peu par le dépucelage. L’âge de raison, pour les plus forts.
Le mariage pour les autres…avec les nuages qui s’ensuivent…
Il y a l’âge moyen que
l’on hésite à franchir. La force de l’âge quand on est affranchi. Le surmenage,
quand on en fait trop.
Il y a l’âge d’or, celui
dont on rêve jusqu’au dernier jour.
Il y a le bel âge,
lorsqu’il s’épanouit en fleur. Puis l’âge mûr quand on peut enfin cueillir le
fruit de son expérience, celle qui vous donne l’apanage des adages. Et enfin, le grand âge, quand on se rapetisse,
puis le hors d’âge, quand on s’approche des étoiles.
Je citerai encore
l’exemple de ce laboureur qui se creusait la tête pour approfondir l’age de sa
charrue. Tenez, il y a aussi mon chat qui a un pelage de ses artères, mais je
ne sais vraiment pas ce que cela peut apporter à ma démonstration.
Alors son âge, comment le
faire ?
En fait, personne ne le
souhaite vraiment, bien au contraire. Les jeunes (mais jusqu’à quel âge ?)
souhaitent qu’on leur donne un peu de bouteille (surtout les apprentis
alcooliques). Les autres (mais à partir de quel âge ?) préfèrent de
beaucoup une sous-évaluation du nombre d’années accumulées.
Pourtant, sûrement malgré
eux, il y a des gens qui y réussissent. On dit d’eux : « Celui-là,
il fait bien son âge ! ».
Mais, celui qui sait
faire son âge ne le sait jamais, car les gens lui disent : « Vous
ne faites pas votre âge ! ». Alors que faire ?
Peut-être essayer de
devenir comme ces personnes insignifiantes dont on dit, avec un soupçon de dédain : « Ce
sont des personnages sans âge ! ». Celles-là, non seulement sont
incapables de faire leur âge, mais en plus, on ne peut même pas leur en donner
un ! Résultat : elles en sont complètement dépourvues !
C’est peut-être cela le
secret de la vie éternelle !
Quel grand avantage !
Gzormix








