Critiques de la raison pure

Encore des maux, toujours des mots, jamais les mêmes !

02 avril 2008

LE TOURNANT DE LA VIE

Il présenta sa voiture en vue de l’inscrire dans la trajectoire, puis de négocier le virage. Las, soit que les inscriptions fussent déjà closes, soit qu’il fut un mauvais négociateur, il perdit le contrôle de son véhicule, que ce dernier avait pourtant passé récemment, la date de la facture faisant foi.

Emporté par son élan déviationniste, il se heurta à un mur d’incompréhension, ce qui eut de funestes conséquences : il fut contraint de rendre l’âme qu’On lui avait prêtée, et comme il n’était vraiment pas dans un bon jour, il perdit la vie.

Il y a des jours comme cela... enfin, il y en a au moins un !

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23 mars 2008

L'AIR DE RIEN

Un musicien des rues a été conduit au violon pour y être entendu.

Il a été relâché aussitôt, faute de preuves : les policiers n’ont pas pu établir avec certitude si c’était vraiment de la musique qu’il exécutait.

En revanche, ils ont gardé le violon… pour s’en faire une enseigne !

Un conseil : ne sortez plus avec votre panier à salade à la main !

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11 mars 2008

Feux à volonté !

Ce jeune acteur, issu d'une chaude suédoise et d'un homme de paille jouait avec une telle flamme qu'il brûlait les planches, embrasant les salles. Chauffe Marcel !

Mais qui trop embrase, mal éteint. A force de toujours être tout feu tout flamme, on se brûle les ailes aux feux de la rampe et on tombe dans l'amer oubli.

C'est le syndrome d'Icare qui jamais ne frappe à demi.

Je crois qu'aujourd'hui il est pompier à Denfert.

Schrek

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16 février 2008

Sale temps !

Dans l'entreprise un climat serein régnait jusqu’ici.

C'est pourquoi l'affaire fit l'effet d'un coup de tonnerre quand elle éclata: le directeur technique n'était pas d'accord pour fabriquer les six clones demandés par le directeur des méventes.

Que ces deux là ne puissent plus s'entendre allait faire grand bruit, chacun amenant à son avis sa zone d'influence.
Depuis, le climat s’était alourdi, les nuages s'étaient accumulés entre les services.

Avant la réunion, mon collègue Maurice, qui sera une des principales victimes de l’affaire des six clones, m'avait bien prévenu : « Tu vas voir. Bien que nous n'ayons pas directement trempé dans cette affaire, si on n’ouvre pas le parapluie, on va être mouillés jusqu’au cou ! ».

Lorsque la séance débuta, l'atmosphère était déjà chargée d'électricité . On sentait bien que le courant ne passait plus.

Un débat houleux s’installa et les vannes s’ouvrirent.

Puis, très vite, l’orage éclata.

Les yeux chargés d'éclairs, les participants s'envoyèrent un déluge de propos peu amènes que les paroles apaisantes du président de la séance tentèrent en vain d'endiguer.

Mais le PDG, qui avait eu vent de l'affaire, surgit soudain comme un ouragan et se mit à tempêter, menaçant de faire tomber des têtes si le calme ne revenait pas.

Cette menace jeta un froid et un vent de panique souffla sur l'assistance.

L'air devint tout de suite plus respirable et même on sentit que l'atmosphère se réchauffait un peu, surtout quand le PDG annonça que, compte tenu des finances, il gelait la production des six clones jusqu'au retour de jours meilleurs.

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Dialogue mortel

Nous parlions tranquillement mais j’ai dû dire à mon interlocuteur quelque chose qui l’a frappé car, tout à coup, il a pris un air de morgue et il s’est buté.

Je n’ai rien pu faire.

Inutile de dire que cela a jeté un froid.

Un silence de mort s’est mit à planer et un ange passa…

…Déjà !

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Pénurie

 Ces gens étaient tellement pauvres qu'ils ne mangeaient jamais de viande, sauf quelquefois du paleron.

« Loin des oeufs, loin du beurre », telle était leur devise, la seule qui soit jamais entrée chez eux.

A l’époque, leur seule distraction dans leur chaumière était une vieille télé qui leur permettait de voir Bruno Masure aux heures du manque de repas.

Mais c’est une vieille histoire !

De nos jours, une telle situation ne peut subsister.

Bruno a quitté la télé.

La télé est morte.

Les pauvres n’existent plus.

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11 janvier 2008

SURBOOKEE

« Salut Julien !

Je t’envoie ce petit mot pour te remercier de m’avoir prêté ton livre et l’annuaire téléphonique.

J’ai commencé par lire ton roman. Il est ab-so-lu-ment génial !

Cependant, je n’ai pu en lire que quelques pages car il y a beaucoup de personnages et j’ai dû en recommencer la lecture plusieurs fois. Mais, c’est vraiment génial, tu as beaucoup de talent !

En revanche, je n’ai pas encore ouvert l’annuaire.

D’ailleurs, je n’en ai plus besoin et je vais te le renvoyer. Figure-toi que j’ai retrouvé le calepin sur lequel j’avais noté le numéro de téléphone de ma copine. Je l’avais glissé sous le pied de ma table de cuisine parce qu’elle boite un peu. Pas ma copine, la table.

C’était le jour des retrouvailles car, tiens-toi bien, j’ai aussi retrouvé le DVD que tu m’avais prêté il y a à peu près deux semaines. Il était dans le frigo, au milieu d’une pile de crêpes que j’avais préparées pour les déguster en regardant le film. Je l’ai cherché partout, en vain, alors l’envie des crêpes m’était passé. Un moment, j’ai cru que j’avais mangé le DVD !

Oh mince ! Je viens de m’apercevoir que les crêpes que je croyais avoir jetées étaient encore dans le frigo. Alors, j’ai dû jeter le DVD dans le vide ordures à leur place. A moins que je l’aie mis ailleurs.

Je vais continuer de le rechercher et après je me remets à ton roman, c’est promis.

Merci pour tout.

Ta copine Julie.

PS : je n’ai pas encore compris pourquoi tu voulais écrire mes mémoires ! »

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MARCHES A NE PAS SUIVRE

Certains chapeliers et autres modistes envisagent de faire reconnaître leur propension à marcher à pas feutrés comme une maladie professionnelle.

Le trou de la Sécu risque de se creuser de quelques milliards de plus, d’autant mieux que les comptables et autres calculateurs veulent suivre ces initiateurs en faisant une démarche similaire, sous prétexte qu’ils n’avancent qu’à pas comptés.

A quand les banquiers qui n’avancent pas du tout, ou si peu, et les crémiers qui marchent sur des œufs, les notaires pas clairs qui avancent aux pas de clerc, les trappeurs qui marchent à pas de loup, et les gogos qui marchent à tous les coups ?

Posté par gzormix à 02:59 - LES GENS SONT BIZARRES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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