DSK c’était exquis –  heureusement, ce n’était pas les miens –, c’était ce qui se faisait de mieux. Pour certains.

Mais avec des skis, on ne va pas très loin et on descend plus vite que l’on monte, surtout quand la pente est raide et que l’on ne sait pas se freiner , se réfréner et encore moins s’arrêter.

Quand on veut accéder au plus haut niveau de la hiérarchie, on s’attaque à une montagne. Au départ la pente est douce et on s’essouffle un peu, le temps de prendre son rythme. Puis plus on avance, plus la pente est rude et les obstacles plus difficiles à franchir. Mais de temps à autre, on se retourne pour admirer autant le paysage que le trajet parcouru. Puis viennent les hautes altitudes avec les vents de la folie des grandeurs qui altèrent le jugement, et d’où émanent les airs hautains peu amènes, et le mépris pour ceux qu’on a piétinés et dont on n’entend même plus les râles car les oreilles se bouchent à ce niveau. C’est l’ivresse des hauteurs.

Quand enfin on est parvenu au sommet, on a perdu toute humanité, on est devenu un dieu. Ou plutôt Dieu lui-même ! Mais sourd et aveugle.

Et paralysé…

Car le nirvana est de courte durée. Arrivé au niveau de l’être transcendant et condescendant, le  moindre faux pas, le plus petit écart fera  glisser le dit parvenu vers le niveau de con descendu. C’est la chute finale. ( Cramponnons-nous des deux mains…)

En effet, les grands de ce monde devraient garder en mémoire que le sommet d’une pyramide est bien pointu et lorsqu’on y arrive, il est difficile de s’y maintenir en équilibre : devant, derrière, à droite et même à gauche, il n’y a plus aucune possibilité de se mouvoir. Plus d’appuis, plus d’amis, on est seul. Et il est trop tard pour s’en émouvoir.

Plus moyen de redescendre, car, sur les corps de ceux qui ont servis de gradins, de tous côtés, arrivent des grappes de grimpeurs qui veulent aussi mettre le grappin sur ce sommet si ténu et prêts à tout pour s’en emparer. Tous les mauvais coups sont permis et nul n’éprouve le besoin de s’en priver.

Le savetier qui trime toute sa vie pour essayer de survivre avance au bord de l’abîme. À force de courage et de ténacité il réussira à s’y maintenir un certain temps avant d’y être précipité. Il peut aussi longer le précipice avant de s’y abîmer, ce qui revient au même.

Le financier, lui fonce tête baissée dans l’euphorie totale et ne se rend compte de sa chute que lorsqu’il vole en piqué en direction de l’enfer.

Savetier et financier se retrouveront au même endroit, au même niveau, il serait bon que l’on s’en souvienne !

La présomption de culpabilité apparaît  plus forte dans le cas auquel je fais finement allusion, que la présomption d’innocence qui devrait prévaloir. Ne jetons donc pas la pierre, ou l’opprobre, ou ce qu’on a sous la main,  à ceux qui ne l’ont pas encore mérité.