Actualités... plus ou moins actuelles...

- Un chercheur enthousiaste a annoncé une avancée nouvelle qui fera date dans le domaine de la lutte contre le cancer. En effet, on vient de découvrir que cette maladie se déclarait surtout chez les personnes dont les parents proches en avaient été déjà atteints. On reste béat devant une telle trouvaille ! Qui aurait pu se douter qu’une chose aussi extraordinaire ?

On est heureux de contribuer financièrement, par le biais des impôts et de généreux  dons, à une aussi bonne marche en avant de nos laboratoires.

Quand pourront-ils nous dire si les yeux bleus sont plus fréquents chez les enfants dont les parents ont les bleus yeux que chez ceux dont les parents ont les noirs yeux ? Et pourquoi, il n’y aurait-il pas des cancers aux yeux bleus ?

Quand pourront-ils affirmer que les malades ne sont pas des personnes en bonne santé, et inversement ?
Que les personnes n’ayant ni parents, ni proches, ni voisins, ni connaissances ayant eu mal ( ou maille) à partir avec le cancer se rassurent : ils n’ont pas de terrain propice à cette culture. Pour les autres… les recherches continuent.

- Un media dont je ne me rappelle plus lequel (France-Info, la mal nommée ou France2 ?), a présenté un soir un chanteur français qui écrit en français des chansons françaises et qui les chante en français ! Le fait est mémorable. Question du reporter : « Qu’est-ce que la chanson française ? ». Il faut avouer que cela démarrait bien ; on était dans le vif du sujet. Réponse du chanteur : « C’est d’abord que les paroles sont en français ! ». Qui aurait pu s’en douter ? J’ajouterai, si j’étais un tantinet moqueur : « Je me suis aperçu que c’était de la chanson française quand j’ai réalisé que je comprenais les paroles de ce que je chantais. ». Mais je ne suis pas moqueur. Hélas !

Si ce champion de la France qui chante – à sa grande gloire, et à mon grand étonnement, il a employé le mot France, et pas celui d’hexagone – joue sur un piano de marque étrangère, comme c’est le cas le plus souvent, comment peut-il être sûr que son instrument restitue bien un ton français ?

Merci à cet artiste français qui écrit des chansons françaises, qui chante des chansons françaises, qui écrit même des livres en français. En voilà un pour qui l’identité en France ne pose pas de problèmes. Cela en fait au moins un !  Deux, avec moi.

-  Mamie Sucette, qui comme chacun sait sévit sur france2, devrait certainement recevoir bientôt, du moins je l’espère, l’oscar du bêtisier journalistique. Elle a trouvé notamment extraordinaire qu’un architecte jardinier paysager prenne des photos à hauteur du regard. À part les contorsionnistes un peu givrés qui prennent leurs photos en visant avec leurs doigts de pied, tous les autres photographes, même amateurs, se servent de leurs yeux pour cadrer leurs photos, donc à hauteur de leur regard. Enfin, je crois.

- « Des prix préférentiels pour tous », proclame par affiches géantes un vendeur de téléphones mobiles. En voilà un qui gâte ses clients ! Tout le monde est préféré, c’est un beau programme, mais un peu en dehors des clous de la sémantique : si tous sont préférés, ils sont donc au même niveau, et il n’y plus de préférence ! Tout cela n’est pas clair… mais c’est certainement le but recherché !

- Un autre, à moins qu’il ne s’agisse du même, offre des « forfaits illimités » ! Un forfait est par essence limité; alors on peut en conclure que les forfaits illimités dépassent les bornes. En particulier, celles de l’entendement. À moins que l’annonceur parle de ces offres au sens de « crimes abominables ». Mais cela me surprendrait…

- « Il faut s’unir ensemble », a déclaré un politique dont je tairai le nom par charité. C’est du courage républicain, pour employer un mot à la mode. Car de tous temps, la solution la plus simple a communément  été de s’unir tout seul. S’unir ensemble est très difficile à obtenir, aussi bien dans la langue française, dans la politique ou le mariage.

- Un économiste distingué, lui, a découvert que : « Les clients influencent le commerce ». Je suis toujours en admiration devant le savoir de ses intervenants spécialisés quand ils profèrent des inédits semblables à la télévision. Maintenant, je serai très fier d’influencer le commerce quand j’irai acheter une paire de chaussettes.