29 février 2008
Aparté du jour
« Lorsque j'ai été embauché dans l'administration comme contractuel, au bout d'une semaine, j'avais réussi à améliorer le rendement de ma tâche de 10 %. La semaine suivante, j’ai été remercié car en fait, les 10 % en question représentaient la totalité de mon travail. ».
28 février 2008
MA MODESTIE
Quand je pense aux
pauvres gens qui ignorent mes mérites, je les plains beaucoup.
Je suis resté très simple. Très
nature. J’aime les narcisses, les colchiques, les nœuds papillons, les queues
de pie, les aigues-marines, les rivières aux eaux limpides...
Je ne me montre jamais en
public avec des gens connus : ma modestie me pousserait à me demander à qui
vont les ovations.
Je ne fréquente jamais
les grands hôtels, restaurants ou autres lieux publics de luxe : je déteste la
familiarité des petits personnels qui se croient obligés de vous appeler par
votre titre, votre nom, voire votre prénom, pour épater la galerie, ou pour obtenir
un pourboire.
D’ailleurs, je ne donne
jamais de pourboire, de peur de donner trop peu en regard de ma condition.
Si les gens connaissaient mes titres, ils seraient confondus de m'avoir adressé la parole et se répandraient en excuses. Aussi, je n'en fais jamais état pour leur éviter cette situation pénible. Enfin j'essaie.
Je déteste signer des
autographes. Mais toutefois, comme je ne veux pas pousser les gens au désespoir
sans but précis, je porte toujours sur moi du papier et un bic pour le cas où
je ne me sentirais pas le droit de refuser.
Quand, dans une
réception, des gens feignent de ne pas me reconnaître, je dissimule ma rage derrière
un masque de dignité méprisante que je porte haut et fier.
Pour mes déplacements,
j'évite autant que possible d'utiliser les voitures officielles car je les
trouve trop voyantes pour y déposer ma modestie. Et comme il n’est pas question
pour moi d’utiliser les transports en commun, il ne faut pas exagérer la
modestie, j’ai un stratagème : j'utilise un vieux vélo. L'inconvénient
c'est que je ne sais pas aller droit à cause du guidon qui tourne tout le
temps. Alors, je suis arrêté fréquemment par la police, laquelle, évidemment,
ne saurait me reconnaître d’emblée en tel équipage. Mais là encore, je ne fais
pas état de mes titres car je ne supporte pas les passe-droits.
Une fois l’an, je me
contrains, bien qu’il m’en coûte, à me rendre, en même temps que les officiels
et la télévision, dans un de ces restaurants du cœur fréquentés par des
vedettes en renom, pour y déposer ma contribution personnelle. Dans la limite
des déductions fiscales, pour éviter le côté ostentatoire.
Je veux bien rester
modeste, mais il faudrait que cela se sache.
Quand je pense à tout ce
que je pourrais faire si j’étais moins modeste, j’en suis effrayé.
Il m’arrive de m’envier
de m’avoir. Alors, je donne un peu de moi-même. En allant assister à une première
par exemple, à une seconde à la rigueur, si on m’y invite.
Dernièrement, j’ai encore
refusé un poste pour lequel mes titres professionnels me désignaient sans
embages, au profit d’un autre chômeur dont les diplômes étaient, disons
« un peu justes ». Toujours à m’effacer devant les autres !
J’ai toujours refusé
d’avoir des gens attachés à ma personne. Peut-être parce que je ne suis pas
très liant. Mais surtout parce que, sitôt engagés ces gens-là vous demandent
des gages. Comme si l’honneur et le plaisir de servir des êtres d’exception ne
suffisaient pas à ces personnes retirées du caniveau ou des Assedic. Et puis je
trouve qu’avoir des domestiques est un peu ostentatoire et donc contraire à la
modestie qui me caractérise. Non, je préfère tout faire moi-même. Mais je porte
des gants en caoutchouc pour faire la vaisselle afin de préserver mes mains
d’aristocrate.
Faute de temps, j'ai dû
confier la réalisation de mon arbre généalogique à un éminent spécialiste
inconnu du grand public. Pour l’heure, il n’a pu remonter que jusqu’à mon arrière-grand-père
qui est encore vivant d’ailleurs. De ce fait, je ne peux pas faire état de ma
noble extraction. J’en rage car j’en suis réduit à accoler le nom de ma femme
au mien pour donner le change. Mes ancêtres doivent se retourner dans leur
tombeau.
Au fait, il faudra que
j’aille vérifier. J’irai au Panthéon, puis au Père Lachaise, pour examiner tous
les tombes et tombeaux. C’est bien le diable si je n’y trouve pas un de mes
ancêtres. Ou au moins un homonyme qui fera aussi bien l’affaire.
J’aimerais que ma
modestie fasse école, hélas, je ne rencontre dans mon milieu que des gens prétentieux
que la modestie n’étouffera jamais.
Pas comme la mienne.
Gzormix
pensée du jour
« Ceux qui se font graisser la patte ne peuvent prétendre garder
les mains propres. »
POETE, POETE
Je suis un poète.
Hélas, cela ne se voit
pas !
Les gens pensent que les
poètes sont de grands hommes. Si grands qu'ils doivent avoir la tête dans les
nuages, voire dans la lune. Erato, pardon, erratum ! Il y a des poètes de
toutes les tailles. La preuve, moi je
suis un poète taille basse. C'est pourquoi j'ai les pieds sur terre.
Je ne suis pas de ceux
qui veulent poèter plus haut que leurs nues. Ceux-là veulent faire croire
qu'ils sont riches de leurs rimes, mais comme leurs rimes sont pauvres, bien souvent
ils sont dans le besoin et même, parfois, au bout du rouleau. Sans aucune
retenue, on le sent bien, ils se soulagent en inondant le monde de déchets de
poèmes qu'ils croient solides, alors qu'ils sont sans consistance, vides
de toute substance. Ils faut les laisser faire sans rien dire, ne pas relever
qu'ils sont bêtes comme leurs pieds.
Les gens disent:
« Les poètes ça muse ! ». Encore une erreur ! Les poètes sont
obligés de travailler d’arrache-pied... et cela fait très mal ! En vérité, les
poètes sont des trimeurs.
Écrire un poème est une
longue marche hésitante. Il faut prendre un vers par-ci, un vers par-là, et
c'est très dangereux pour la santé (voyez, Verlaine, Baudelaire, etc.). Sans
compter avec la police. Si elle vous surprend le vers à la main, vous êtes bon
pour le violon. Et un poète n'est pas forcément musicien. Certains disent que
les verres ont fait plus pour les poètes que les poètes pour les vers. Ce n’est
certainement pas toujours vrai.
Il faut travailler la
rime avec raison pour retomber sur ses pieds, ciseler chaque syllabe pour que
le vers n'ait pas un pied bancal.
Le vers à pied de la
poésie française ne se fait pas à demi. Pour cela, il faut toujours être sous
pression et se maintenir éloigné des casse-pieds qui fichent tout par terre en
vous interrompant dans l'édification fragile de votre pyramide de mots, ou des
raseurs qui vous coupent au moment, c'est sûr, où vous êtes à la mesure de la
césure.
Les gens
disent: « Un poète, cela ne rime à rien ». C'est exact, mais
cela rime avec tête. Et le poète doit en avoir beaucoup pour avoir ses pieds
bien plantés dans la société.
Le poète, c'est l'âme
d'un peuple. Pour une nation, avoir des vers à soi, c'est important pour le
tissu social. C'est pourquoi il y a toujours eu des poètes.
Au fond des âges, les
poètes ont vanté le mérite des Grands (ce n'est pas ce qu'ils trouvèrent de mieux !), puis le malheur des Petits. Ils n’ont jamais parlé des moyens,
car ils ne les ont jamais connus.
Certains poètes ont été
torturés pour en avoir trop dit, ou pas assez. On raconte que l'un d'entre eux
fut pris à partie (peut-être bien « à parties », mais l’orthographe a
tellement changé depuis ce temps là) simultanément par un groupe de bourreaux:
pendant que l’un lui tirait les vers du nez, un autre lui retirait les mots de
la bouche pour lui faire rendre gorge, un troisième lui faisait rentrer les
paroles dans l'icelle et un quatrième lui coupait la parole. On a même vu une
bribe abattue à bout portant. On a rarement été aussi loin dans la cruauté.
Mais quand on est poète, il faut continuer le luth et garder l'inspiration
jusqu'au dernier souffle.
D'aucuns ont été
versatiles, d'autres ont mis les pieds dans le plat, pour avoir des reliefs car
ils avaient la dent, ou pour renverser des têtes couronnées, quand ils avaient
une dent contre elles.
Certains, aux avis
partagés, ont pu avoir le pied à l'étrier et l'autre dans la tombe: les poètes
n'ont pas toujours eu une position confortable.
Le destin s'est acharné
sur les poètes. Certains trop solitaires sont morts rongés de l'intérieur par
leur propre vers. D'autres ont sombré dans l'alcool. D'autres encore au large
de Guernesey, comme des pierres. D'autres encore, pas mieux lotis, ne sont pas restés de marbre devant les femmes
et se sont déshonorés à trop honorer leur sein. Mais hélas, quand on b...de, on
ne pense plus et les vers s'en ressentent. Mener de front, si j'ose dire, les sens, l'alcool et les vers s'est
avéré épuisant pour beaucoup. Et quand chaque effort demande un remontant, on a
rarement de descendants, c'est pourquoi il y a si peu de fils de poètes.
Mais c'est vrai
cela ! Et cela m'inquiète. Jusqu'ici, je ne m'en étais pas rendu compte.
Mais maintenant que je le dis, cela m'inquiète. Je me demande si, non sans
raison, je ne vais pas changer d'horizon, abandonner la rime et courir les
primes, à la prochaine saison.
Et en toute hâte faire un
garçon.
25 février 2008
Habillée pour le printemps
"Printemps" vous propose sur le "ELLE" de la semaine, cette petite robe printanière facile à porter.
Personnellement, je la déconseillerais aux fermières qui ont affaire à proximité d'un taureau sanguin, à moins qu'elles ne veuillent soigner leur pointe de vitesse. Alors que pour aller traire les vaches, il ne devrait pas y avoir de problèmes.
Mais, hormis cette petite restriction, ce vêtement printanier peut convenir pour aller faire son marché ou se rendre au travail, dans un magasin de pompes funèbres par exemple ou il mettra une touche de gaieté.
Pratique aussi pour prendre le métro ou le bus, monter dans les autos-tamponneuses de la foire à Neuneu, ou prendre des cours de patinage sur glace où elle servira avantageusement de coussin amortisseur.
Enfin, les folles du volant pourront la revêtir sans risque pour conduire leur Smart.
Le prix de la petite merveille n'est pas indiqué, mais quand on aime, on ne compte pas.
Remarquez bien que le slogan "sublimes volumes" s'appliquent à la robe et non au mannequin qui la porte avec tant de charme.
Enfin, si je puis me permettre, je donnerais un dernier conseil aux éventuelles acheteuses: ne demandez pas l'exemplaire porté par la mannequine car elle a l'air d'y tenir farouchement..
Enfin !
On sait que le souci constant des grandes stars
homologuées, d’Hollywood ou d’ailleurs, est de fuir les media afin de
préserver leur intimité. Elles ont toutes, ou presque, la hantise des
photographes. Enfin, de ceux qui ne les paient pas. Je veux parler des
paparazzi. Conscient de ce problème de déontologie, n’ayons pas peur des mots,
un conseiller municipal de LA, Californie, va proposer une loi anti-paparazzi
tendant à leur interdire d’approcher les stars à moins de dix-huit mètres.
C’est ce qui s’appelle prendre une mesure juste.
Mais dont l’application risque de poser quelques
problèmes.
D’abord qui profitera de cette enceinte virtuelle
rapprochée ? Il faudra classer les stars en catégories de façon à le
savoir. Mais là des frictions sont probables, les stars étant assez
susceptibles sur leur niveau social. Les autorités ayant la charge de ce
classement pourront se baser sur la longueur des voitures, ou sur le montant
des impôts payés, ou sur la surface des villas, ou sur la position au box office.
Certes, mais ces éléments sont très fluctuants dans la vie des stars et le
tonneau des Danaïdes pourra inspirer ces pauvres fonctionnaires.
Autres problèmes à résoudre : qui se promènera
dans l’entourage des stars avec un mètre à ruban pour prendre les mesures qui
s’imposent dès l’apparition d’une caméra ? Y aurait-il une tolérance entre 17,50 et 18 mètres ? Cette
loi s’appliquera-t-elle seulement à LA ou sera-t-elle étendue aux localités
alentours ? Comment reconnaître un photographe autorisé, c’est à dire payé
par la star ou son agent, et un paparazzi patenté ? Habiller ces derniers
en rouge serait une solution élégante, mais peut-être, ne trouveraient-ils pas
le procédé tellement élégant.
Enfin, quant on sait que les dits paparazzi ont des
téléobjectifs gros comme des canons de gros calibres qui leur permettent de
faire un gros plan sur le grain de beauté, situé où vous voulez, sur le
corps d’une belle, allongée dans sa baignoire à dix kilomètres de distance, on se demande la portée que
pourra avoir une telle loi.
Enfin, il n’y a que l’intention qui compte. Comme
pour la plupart des lois.
23 février 2008
Pensée du jour
« Les gens qui ont un coup de pompe sont crevés, c’est pourquoi ils
sont à plat. La logique est souvent surprenante ! »
C'EST PAS JUSTE !
Le Président nous avait promis du changement !
Et il y en a ! Et de taille !
Je ne veux pas dire que le Président a changé de
taille, je veux dire que, pour une fois un élu du peuple, ou peu s’en faut,
tient parole.
Bon, la grève de la SNCF, de la RATP, d’EDF, de GDF,
les revendications des étudiants, tout ça, c’est la routine, que dis-je,
l’expression des mœurs françaises, et nous ne sommes pas près d’en changer.
Non, le changement le plus important à mes yeux
d’innocent, enfin jusqu’ à maintenant, a été obtenu en faisant descendre dans
la rue la Magistrature soi-même !
C’est plus qu’un changement, c’est une
révolution ! Manquait les piques avec les têtes de turc plantées dessus…
Quant à être sans culotte… La robe oui, mais pas au-delà…
Ainsi, voilà réunis sous les mêmes bannières, juges
et avocats, qui pour une fois ont fait cause commune ! Parce qu’on leur
enlève leur joie de vivre. Parce qu’on commet un crime de lèse-justice, bref,
parce qu’on les considère comme des citoyens de basse extraction : on leur
enlève le pain de la bouche. On les détrousse dirais-je, si toutefois j’osais
cette métaphore, et je m’en garde bien.
Ainsi, voilà une corporation qui a coutume de dire
où est le Bien et le Mal, qui est indépendante du Pouvoir, et on leur abîme
d’autorité leur échafaudage, leurs
infrastructures ?
Ainsi, voilà des personnages importants, chargés
d’appliquer les lois, de les créer au besoin par jurisprudence, lorsque
celles-là ont des trous, comme la Sécu (on appelle cela des « vides juridiques »),
de décider en « leur âme et conscience » de la peine à infliger, au
centime près, au nombre d’années de prison au mois près, aux prévenus pas
très avisés et on leur rétrécie leur emprise territoriale ?
Ainsi, voilà des notables dans la rue, comme le
vulgaire homme du même nom, portant pancartes, créant des perturbations,
invitant la populace à se révolter contre des décisions aussi iniques et
…injustifiées !
Que des personnes chargées de faire respecter les
lois manifestent pour qu’on ne les applique pas quand elles ne leur conviennent
pas, voilà ce qu’on peut appeler un changement !
Mais, ne nous y trompons pas, cette rébellion des
édiles magistraux ne vise en aucun cas à défendre leurs prérogatives, mais bien
à sauvegarder les avantages accordés jusqu’ici aux justiciables. Lesquels
étaient très contents jusqu’ici d’avoir des juges et des avocats sous la main,
si je peux me permettre ce raccourci. Ils pouvaient les contacter quand ils
voulaient, les fréquenter comme il leur convenait, avaient porte ouverte dans
les cabinets.
Maintenant, la plupart seront obligés de faire 50
kilomètres (chiffre arrondi, pour faire cour) pour se voir infliger leur
sentence et ainsi voir leur peine augmentée des frais de transport, ce qui est
pour la Magistrature tout à fait inconcevable. Surtout qu’il n’est pas envisagé
de les déduire des amendes infliqées.
Ainsi, voilà notre noblesse de robe, qui loin de se
dérober, s’implique directement dans la défense des intérêts de la veuve et de
l’orphelin, des autres aussi, si affinités, en s’insurgeant contre la Loi.
Je crois que cela méritait bien d’être souligné.
Enfin,
je vous laisse seuls juges !
22 février 2008
Pensée du jour
« L’huissier prend toujours au dépourvu. »
Information
Tous les textes inclus dans ce blog sont protégés et ne doivent donc pas être utilisés sous quelque forme que ce soit sans mon autorisation. Merci !






