Dans l'entreprise un climat serein régnait jusqu’ici.

C'est pourquoi l'affaire fit l'effet d'un coup de tonnerre quand elle éclata: le directeur technique n'était pas d'accord pour fabriquer les six clones demandés par le directeur des méventes.

Que ces deux là ne puissent plus s'entendre allait faire grand bruit, chacun amenant à son avis sa zone d'influence.
Depuis, le climat s’était alourdi, les nuages s'étaient accumulés entre les services.

Avant la réunion, mon collègue Maurice, qui sera une des principales victimes de l’affaire des six clones, m'avait bien prévenu : « Tu vas voir. Bien que nous n'ayons pas directement trempé dans cette affaire, si on n’ouvre pas le parapluie, on va être mouillés jusqu’au cou ! ».

Lorsque la séance débuta, l'atmosphère était déjà chargée d'électricité . On sentait bien que le courant ne passait plus.

Un débat houleux s’installa et les vannes s’ouvrirent.

Puis, très vite, l’orage éclata.

Les yeux chargés d'éclairs, les participants s'envoyèrent un déluge de propos peu amènes que les paroles apaisantes du président de la séance tentèrent en vain d'endiguer.

Mais le PDG, qui avait eu vent de l'affaire, surgit soudain comme un ouragan et se mit à tempêter, menaçant de faire tomber des têtes si le calme ne revenait pas.

Cette menace jeta un froid et un vent de panique souffla sur l'assistance.

L'air devint tout de suite plus respirable et même on sentit que l'atmosphère se réchauffait un peu, surtout quand le PDG annonça que, compte tenu des finances, il gelait la production des six clones jusqu'au retour de jours meilleurs.