Critiques de la raison pure

Encore des maux, toujours des mots, jamais les mêmes !

12 septembre 2007

SUS AUX SACS

Les super- et hypermarchés, bientôt les hyper-supramarchés, sont d’immenses usines à faire du fric, encore du fric, toujours du fric et encore plus de fric, plus de fric, du fric, du fric... excusez-moi, je me suis laissé aller…

Tout n’est pas facile dans ce brillant projet, car il faut compter avec deux protagonistes aussi haïssables que nécessaires. Les fournisseurs et les clients.

Les fournisseurs sont les plus faciles à traiter, on leur met le couteau sur la gorge et les affaires roulent rondement, on pourrait dire presque, en ronronnant.

Les clients, c’est une autre histoire. Ils faut les appâter, les cajoler, les combler de cadeaux (qu’on leur fait payer), les envahir de publicité, etc, pour que nul n’en ignore. Mais le client reste toujours un ennemi potentiel, c’est un tricheur né, et disons le mot, un voleur, sinon avéré, du moins potentiel. Et pourtant, il n’est pas question de laisser le moindre centime s’échapper indûment du magasin. Hélas, la démarque inconnue, autrement dit, les articles disparus sans laisser d’adresse, disons les vols, pour être plus précis, constitue la plaie inguérissable de ces honnêtes commerçants.

On a tout essayé : des caméras partout, des étiquettes autocollantes, généralement fixées sur les modes d’emploi ou les caractéristiques du produit et totalement indécollables, les aimants traîtreusement inclus qui font déclencher des tututuutuut mélodieux aux caisses, des emballages factices, et j’en passe… Malgré tout l’arsenal mis en œuvre, il y a encore des fuites, ce qui met les directeurs de magasins dans des états proches de l’aliénation mentale. Quand ils ne dépassent pas ce stade.

C’est dans cet état, probablement, que certains ont cru pouvoir repérer le coupable quasi certain, le faux client écornifleur venu exprès dans leur magasin pour dérober quelques centimes de leur bel argent. Et cela dès leur tentative de pénétrer dans le sanctuaire. Comment ne pas y avoir pensé plus tôt ! Aussitôt, l’information a circulé dans toute, ou à peu près, la corporation – ils s’espionnent les uns les autres- l’ennemi était enfin identifié !

Ce pelé, ce galeux, ce provocateur : c’est le porteur d’un sac à dos !

Astucieux, n’est-ce pas ?

Hélas, je fais partie de cette engeance. Je porte cet accessoire car il me permet :

- d’avoir les mains libres.

- de ne pas avoir l’air d’une demoiselle comme ce serait le cas avec un sac à main.

- de ne pas avoir l’air d’avoir des attributs surnuméraires en portant un sac banane.

- d’y entasser des tas de choses indispensables. Je cite ? Allez, je cite : mon portefeuille, mes pièces d’identité, mon agenda, le livret de famille, les carnets de vaccination, les carnets de santé ; le plan de la ville, les papiers dits « de la voiture », un bloc-notes, les clés essentielles, le courrier à poster, des médicaments d’urgence, quelques pansements, un couteau suisse, un coupe-ongles, des mouchoirs, un mètre ruban, une boussole, une lampe dite « de poche », des crayons de différents usages, un lecteur MP3, des chewing-gum, des rince-doigts, au moins un livre… et d’autres bricoles dont je ferai silence, pour des raisons diverses.

Alors, lorsque je pointe mon nez à l’entrée d’un de ces superbes magasins, le cerbère préposé à la chasse aux sacs à dos (la personne et l’objet ne font plus qu’un : je suis le sac à dos en jean et polo rouge, par exemple) me fonce dessus et m’accueille : « Monsieur, veuillez aller déposer votre sac à dos à l’accueil ! » ? Parfois, il ajoute « s’il vous plaît ».

Là, plusieurs solutions s’offrent à moi :

- je fais demi-tour et j’essaie dans un autre magasin, quitte à conduire celui que je viens de quitter à la ruine.

- si je suis de bonne humeur, j’essaie de parlementer, d’expliquer à ce brave garçon que, compte tenu du contenu de mon sac, il me serait difficile d’y glisser une aiguille supplémentaire.

- si je ne suis pas de bonne humeur, si, cela m’arrive quelques fois, je fais un scandale, ce qui me permet le plus souvent de pénétrer dans la nef avec la bénédiction du préposé.

Ce qui est troublant, c’est la bêtise (aujourd’hui, je suis de bonne humeur, donc poli), de cette disposition. Car, enfin, sachant que les sacs à dos sont l’objet d’une discrimination aussi flagrante, si j’avais envie de chaparder dans les rayons, ce n’est pas le genre de récipient que je prendrais ! D’autant plus que les sacs de dames, parfois bien plus volumineux que le mien passent le contrôle sans problèmes. Les sacs portés en bandoulière ou à l’épaule aussi. Non seul le « sac à dos » est soupçonnable ! Haro sur lui !

J’aimerais bien savoir quels résultats cette brillante mesure a apporté comme améliorations aux problèmes de ces pauvres directeurs.

Le pire, ou le plus risible, c’est que toute ces grandes surfaces vendent des sacs à dos !

Il n’y a pas de petits bénéfices !

Posté par gzormix à 03:19 - RUBRIQUES DU JOUR - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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